FAIRE UN DON Retour à la liste des actualités 21 octobre 202621 octobre 2026 À l’heure de la rentrée, l’Unapei 34 relance une nouvelle fois sa campagne « J’ai pas école… mais j’y ai droit ! ». Depuis plusieurs années, l’association alerte les pouvoirs publics sur les difficultés rencontrées par les enfants en situation de handicap et leurs familles. Dans l’Hérault, environ 700 enfants seraient aujourd’hui privés de solution de scolarisation. Face à une situation qui perdure, l’Unapei 34 tente aussi d’apporter des réponses concrètes aux familles, malgré des capacités d’accueil insuffisantes. Pour certaines familles, la rentrée scolaire reste synonyme d’attente, d’incertitude et parfois d’angoisse. Dans l’Hérault, environ 700 enfants en situation de handicap seraient privés de solution de scolarisation. Un chiffre qui, année après année, rappelle l’ampleur des difficultés auxquelles sont confrontés les parents. Face à cette situation, l’Unapei 34 est mobilisée depuis plusieurs années à travers sa campagne « #J’ai pas école… mais j’y ai droit ! ». L’association entend ainsi porter la parole des familles et rappeler que l’accès à l’éducation constitue un droit, mais aussi une condition essentielle pour permettre à chaque enfant de construire son avenir. « Beaucoup de familles n’ont pas de solution de scolarisation et n’ont pas de solution d’accompagnement. Ils se retrouvent dans des situations parfois très compliquées et très difficiles pour entamer cette nouvelle année scolaire », souligne l’Unapei 34. Pour Bernard Dessimoulie, président de l’Unapei 34, cette situation ne peut plus être considérée comme une fatalité : « ces situations sont pour nous inacceptables. L’accès à l’éducation, c’est le premier levier d’émancipation. C’est le début de la vie et, pour que chacun y accède, il est urgent de garantir à chaque enfant une scolarisation pleine et adaptée à ses besoins. » L’Unapei 34 mobilisée, malgré le manque de places L’Unapei 34 accompagne elle-même cette réalité au quotidien. L’association gère aujourd’hui 33 établissements et services médico-sociaux dans l’Hérault, mais ne dispose pas des capacités nécessaires pour répondre à l’ensemble des besoins. Un paradoxe qui place l’Unapei 34 dans une position particulièrement difficile : « nous avons un peu plus de 300 enfants devant la porte de nos établissements et services que nous ne pouvons pas accueillir, faute de place. Il faudrait que l’Etat mette plus de moyens dans nos établissements », déplore Bernard Dessimoulie. Pour autant, l’association ne veut pas laisser les familles seules face à cette impasse. Depuis peu, l’Unapei 34 a créé un service social destiné à accompagner les parents en difficulté, à les écouter, les orienter et les conseiller dans leurs démarches et dans la recherche de solutions adaptées. Une manière, pour l’association, d’apporter une réponse même lorsqu’elle ne peut pas elle-même proposer une place. Car derrière chaque attente, il y a une famille qui a besoin d’être accompagnée, informée et soutenue. « Ne pas laisser les familles seules » Cette présence auprès des familles s’inscrit également pour l’Unapei 34 dans la Communauté 360° de l’Hérault, aux côtés de 18 associations engagées dans le champ du handicap dans le département. Ce dispositif s’adresse notamment aux personnes en situation de handicap sans solution d’accompagnement ou de soins, aux aidants qui ont besoin de soutien, mais aussi aux personnes qui rencontrent des difficultés pour reprendre leurs activités habituelles. Pour l’Unapei 34, cette mobilisation collective est essentielle. Lorsque les dispositifs traditionnels ne permettent pas de répondre immédiatement aux besoins, l’enjeu est aussi de pouvoir écouter les familles, identifier les difficultés et chercher avec elles les solutions possibles. Cette démarche rejoint la vision défendue depuis plusieurs années par l’association : le parcours d’un enfant ne doit pas s’interrompre faute de place ou parce que les différents acteurs ne parviennent pas à travailler ensemble. Des enfants encore « invisibles » Autre sujet d’inquiétude, le numéro INE, l’identifiant national qui permet notamment de recenser les élèves. L’enquête nationale menée par l’Unapei France auprès de 38 associations montre que 45 % des enfants accompagnés ne disposent toujours pas de numéro INE. Une amélioration par rapport aux 65 % relevés l’année précédente grâce à la mobilisation des acteurs, mais qui reste préoccupante pour l’Unapei, tête de réseau située à Paris « Des élèves en âge d’être scolarisés sont complètement invisibilisés sous prétexte qu’ils sont en situation de handicap. Ils n’ont pas le statut d’élève », estime la fédération. Une école inclusive qui doit devenir une réalité Pour l’Unapei 34, répondre à la crise ne consiste donc pas uniquement à créer davantage de places. Il faut aussi agir plus tôt et construire des parcours capables de s’adapter aux besoins des enfants au fil des années. L’association défend une école inclusive qui ne se limite pas à accueillir un enfant dans une classe. Encore faut-il lui permettre d’y apprendre, avec les accompagnements nécessaires et une véritable coopération entre les équipes éducatives, les familles et les professionnels du médico-social. Cette continuité doit commencer dès la petite enfance et se poursuivre jusqu’à l’âge adulte. Car les ruptures de parcours, les changements de dispositifs et les périodes sans accompagnement fragilisent directement les enfants et leurs familles. L’Unapei 34 entend ainsi poursuivre sa mobilisation aux côtés de toutes les associations affiliées au réseau Unapei, dans ses établissements, auprès des familles et au sein des réseaux départementaux. Même sans disposer aujourd’hui des moyens suffisants pour accueillir tous les enfants qui en ont besoin, l’association refuse de rester spectatrice. À travers sa campagne, son nouveau service social et son engagement au sein de la Communauté 360°, l’Unapei 34 veut continuer à porter une même exigence : qu’aucun enfant en situation de handicap ne soit privé de son droit à l’éducation et qu’aucune famille ne soit laissée seule face à l’absence de solution.